http://www.focusrh.com, publié le 25/02/2009
Du
logement au Blackberry : développer sa politique d'avantages en nature
Voiture de fonction, chèque restaurant, ordinateur portable... la
palette des avantages en nature est de plus en plus variée. Or, que ce
soit pour fidéliser ou attirer, ces commodités se révèlent être de
forts leviers de motivation, et ce, pour toutes les générations. A
condition, bien sûr, de les choisir à bon escient.
Historiquement développés par les grandes industries paternalistes, les
avantages en nature ont évolué au même rythme que la fiscalité. Peu à
peu, ils ont été considérés comme un revenu et sont donc devenus
imposables, à la fois pour l’employeur et le salarié. Le bénéfice
fiscal étant moins évident, le recours aux avantages en nature est donc
moins généralisé que dans les années 70. Pour autant, l’attribution de
ces avantages s’est démocratisée. Auparavant réservée aux cadres,
certains employés y ont maintenant droit.
Le type d’avantages a également évolué, au trio "logement - véhicule - nourriture" se sont ajoutés les chèques emploi service ou encore les nouvelles technologies. « Tous les avantages ne sont pas pertinents à la fois pour l’employeur et le collaborateur, prévient Michel Lasbleis, directeur associé de Technologies Sociales du groupe Finaxim. Il faut connaître les leviers de motivation des salariés et se renseigner sur la fiscalité. »
Pourquoi opter pour des avantages en nature ?
Leur premier atout : les bénéfices financiers. En effet,
les avantages en nature sont généralement moins coûteux qu’une
augmentation salariale. Une voiture, par exemple, peut être amortie, la
nourriture peut être exonérée, certains avantages peuvent être liés à
l’activité de l’entreprise et représenter ainsi un coût modéré (billets
de train pour la SNCF, électricité pour EDF...).
Mais les avantages en nature sont aussi un facteur de motivation
indéniable. Les proposer aide à fidéliser, voire à attirer les talents.
Les nouvelles technologies, par exemple, sont un fort levier de
motivation pour les jeunes générations qui apprécient de pouvoir
disposer du dernier I-Pod ou Blackberry. Autre exemple : l’aide au
logement facilite la mobilité professionnelle, elle peut se révéler
décisive pour attirer un candidat d’une autre région. Sans oublier
qu’ils sont des signes de reconnaissance statutaire, en particulier
pour la voiture de fonction. Le choix du modèle peut même refléter le
positionnement dans la hiérarchie. Enfin, les avantages en nature
peuvent être avantageux quant à la logistique : une voiture de fonction
ou un ordinateur de poche sont également utiles à l’entreprise puisque
le salarié peut ainsi se déplacer facilement et consulter ses e-mails à
tout moment. La logistique est d’ailleurs à prendre en compte lors du
choix d’un avantage en nature. Michel Lasbleis recommande, par exemple,
d’utiliser les chèques restaurant plutôt que de créer un restaurant
d’entreprise. Car qui dit restaurant d’entreprise, dit charges
logistiques et responsabilités sanitaires.
Zoom sur la fiscalité
Par définition, un avantage en nature est la mise à
disposition d’un bien ou d’un service, permettant au salarié de faire
l’économie de frais qu’il aurait dû normalement supporter. Ainsi, il y
a avantage en nature dès lors que le salarié dispose gratuitement - ou
pour un prix modique - d’un bien et qu’il peut l’utiliser non seulement
pour des raisons professionnelles, mais aussi pour son usage personnel.
Au niveau fiscal, les avantages en nature font partie des éléments de
salaire. Ils figurent sur le bulletin de paie et sont soumis aux
cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu pour le salarié. Ils
peuvent être évalués soit en fonction de leur valeur réelle, soit
forfaitairement. Les avantages en nature se distinguent ainsi des frais
professionnels : ils ont fiscalement une valeur et, si on les supprime,
il faut les compenser en salaire sous peine de sanction financière.
Quels abattements ?
Des exonérations sont prévues pour certains avantages. Pour un chèque restaurant, la participation de l’employeur est exonérée dans la limite de 5,04 euros par repas en 2008, à condition que cette participation soit comprise entre 50 et 60 % de la valeur du titre. Pour la nourriture, l’avantage - évalué forfaitairement à 4,25 euros par repas en 2008 - n’est pas imposé si la participation du salarié est au moins égale à 50 % du forfait repas. Du côté du véhicule, l’évaluation de la valeur peut être assez avantageuse lorsqu’elle n’est pas sur la base des dépenses réellement engagées, selon Michel Lasbleis. « Et si le véhicule est un utilitaire - par exemple, une berline sans banquette arrière - l’entreprise comme le salarié peuvent éviter de payer des impôts dessus », précise-t-il. Des détails à connaître...
Laure Marcus