Egalité hommes-femmes : attention, il vous reste onze mois pour agir

Les entreprises assujetties à la négociation obligatoire sur les salaires doivent négocier des mesures visant à supprimer les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes avant le 31 décembre 2010. Il vous reste donc moins d’un an pour agir, si ce n'est pas encore fait.

Quelles sont les entreprises concernées ?

L'obligation de négocier sur la suppression des inégalités de rémunération entre les femmes et les hommes avant le 31 décembre 2010 s'applique aux entreprises soumises à la négociation annuelle obligatoire. En pratique, il s'agit donc des entreprises ayant 50 salariés ou plus et au moins un délégué syndical ou des entreprises de moins de 50 salariés, ayant au moins un délégué du personnel désigné en qualité de délégué syndical.

Dans les autres entreprises, l'employeur n'a pas cette obligation de négocier. Il peut néanmoins être contraint de prendre certaines mesures, en application d'un accord de branche étendu relatif à l'égalité salariale entre les femmes et les hommes. À défaut, il doit simplement « prendre en compte les objectifs en matière d'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et les mesures permettant de les atteindre ».

 Vous êtes concerné ? En ce cas Technologies Sociales vous propose le mode d’emploi suivant :

                          

                              Première étape : évaluez les écarts de salaires

Conseil pratique : ne multipliez pas les documents, utilisez le rapport annuel au C.E. pour faire le diagnostic.

En effet, comme chaque année, les entreprises de 300 salariés et plus doivent soumettre au Comité d'Entreprise (C.E.), pour avis, un rapport écrit sur la situation comparée des conditions générales d'emploi et de formation des femmes et des hommes dans l'entreprise. Ce rapport comporte un volet consacré aux rémunérations, assorti de données chiffrées. Quant aux entreprises de moins de 300 salariés elles présentent chaque année au C.E. un bilan de la situation comparée des femmes et des hommes, mais ce document, moins détaillé que celui élaboré dans les entreprises de 300 salariés et plus, est intégré dans le rapport annuel sur la situation économique. Nous vous recommandons donc d’utiliser le rapport présenté au comité d'entreprise pour élaborer un diagnostic des écarts éventuels de rémunération entre les femmes et les hommes.

ATTENTION : ce diagnostic constitue le prélude obligatoire à l'ouverture des négociations sur les écarts de salaires.

N.B. : pour diagnostiquer les écarts de rémunération, l'employeur doit prendre en compte non seulement le salaire de base, mais aussi tous les avantages et accessoires de salaire, en espèces ou en nature, versés directement ou indirectement aux salariés au titre de leur emploi.


                            Deuxième étape : ouvrez les négociations

Pour ce faire, la méthodologie est la suivante :

Réunion préparatoire. - L'employeur aborde la question de la résorption des écarts de rémunération dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire sur les salaires effectifs. Il doit en conséquence convoquer toutes les organisations syndicales représentatives à une réunion préparatoire afin de fixer le lieu et le calendrier de ces réunions, ainsi que
les informations à communiquer aux délégués syndicaux.

Informations à communiquer. - L'employeur transmet aux syndicats des éléments permettant une analyse comparée de la situation des hommes et des femmes concernant les emplois, les qualifications, les salaires payés, les horaires effectués et l'organisation du temps de travail. Ces éléments font apparaître les raisons des situations constatées. Comme on l’a vu, en pratique ces informations reposent pour l'essentiel sur le rapport annuel soumis au Comité d'Entreprise et sur le diagnostic des écarts de rémunération élaboré par l'employeur.

Procès-verbal. - À l'issue de la réunion préparatoire, l'employeur et les délégués syndicaux signent un procès-verbal d'ouverture des négociations sur les écarts de rémunération. Ce procès-verbal indique les propositions respectives des parties. Nous vous conseillons de mentionner également la liste des documents communiqués aux syndicats, afin de démontrer que vous avez sérieusement et loyalement engagé les négociations.

N.B. : si un accord sur les salaires effectifs est conclu, il ne pourra être déposé qu’accompagné de ce procès-verbal.

 Attention: les syndicats peuvent également prendre l’initiative des négociations.En effet, si l'employeur ne convoque pas les organisations syndicales, celles-ci ont la possibilité de le contraindre à ouvrir les négociations

 

                                Troisième étape : donnez une conclusion à vos négociations

Obligation de négocier uniquement. - L'employeur est tenu d'engager des négociations chaque année, sous peine de sanctions pénales. En revanche, il n'est pas obligé de parvenir à un accord. Cependant, vous devez avoir « sérieusement et loyalement » engagé les négociations, ce qui suppose que vous ayez réellement communiqué aux syndicats toutes les informations nécessaires et que vous ayez répondu de manière motivée à leurs propositions.

Contenu d’un accord éventuel. - Employeur et syndicats sont libres de déterminer les mesures les plus adéquates pour mettre fin aux écarts de rémunération. L'administration suggère des pistes telles que la réforme des pratiques de recrutement, de sélection et de promotion, de manière à faciliter l'accès des femmes à des postes mieux rémunérés, ainsi que la remise à plat de l'organisation du travail, pour rendre les postes compatibles avec les contraintes familiales (limitation des dépassements d'horaires, de l'amplitude de travail, etc.)

En cas de conclusion d'un accord. - Une fois signé, l'accord doit être déposé à la direction départementale du travail et au greffe du conseil de prud'hommes, comme tout accord collectif.

 En cas d'échec de la négociation. - Si l'employeur et les syndicats ne parviennent pas à s'entendre, ils signent un procès-verbal de désaccord, qui indique leurs propositions respectives et les mesures que l'employeur entend appliquer unilatéralement. Le procès-verbal est ensuite déposé dans les mêmes conditions qu'un accord collectif.

N.B. : les mesures visant à résorber les écarts de rémunération peuvent donner lieu à un accord spécifique ou être intégrées à l'accord sur les salaires effectifs ou à un accord sur l'égalité professionnelle.

 
Que se passera-t-il si
des écarts subsistent au 31 décembre 2010 ?

Selon la réglementation actuelle, les entreprises qui ne parviendraient pas à supprimer les écarts de rémunération avant le 31 décembre 2010 ne s'exposent à aucune sanction dès lors qu'elles ont négocié sur le sujet. Toutefois, le ministère du Travail a annoncé son intention de déposer courant 2010 un projet de loi, dans le but de sanctionner les entreprises où aucune mesure concrète n'aurait été prise pour supprimer ces écarts de rémunération.

© Janvier 2010 : Technologies Sociales

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